Pourquoi le makeup, les ongles, les cosmétiques ?

 

Longtemps j’ai detesté les gens. Vraiment, proche de la misanthropie totale. A l’âge où les enfants deviennent cruels, quand ils sortent de l’innocence pour cracher des insanités sur leurs semblables qui ne le sont pas assez pour eux, j’ai découvert les critiques, les insultes et les mises à l’écart pour cause de mon (léger à l’époque) surpoids. Alors mon cerveau d’adolescente complexée a débuté une analogie entre ces autres cruels et les gens en général. Chaque regard, chaque parole qui pouvait être la plus bienveillante du monde, résonnait en moi comme une critique sous-jacente. Je ne pouvais pas considérer que des gens pouvaient m’aimer si la grande majorité des jeunes de mon âge ne le pouvaient pas. Je n’arrivais pas à assimiler que tout le monde n’était pas pareil. Finalement, je n’aimais pas les gens parce que je ne m’aimais pas moi. J’ai mis longtemps, très longtemps avant de m’aimer, de comprendre que cette personne là c’était moi, et que si je ne m’aimais pas, personne ne le ferait à ma place. Puis j’ai commencé à fréquenter des garçons, ceux-ci me voyaient enfin comme j’étais, comme je voulais être : belle, joyeuse et heureuse. L’un aimait mes hanches, l’autre mon sourire, et enfin le dernier qui est toujours à mes côtés, ne cesse de répeter que je suis parfaite, quel que soit le corps que je choisirais d’avoir. Ils ont osé m’embrasser, moi, l’abbération de la nature, la personne tant détestée il y avait encore peu. Certains avaient même eu l’outrecuidance d’avoir envie de moi. Alors j’ai compris. Compris que mon corps m’appartenait, que c’était à moi de l’apprivoiser et de décider s’il me convenait ou non. De choisir de le changer pour MOI et moi seule, et non pour les autres.

Longtemps j’ai rejeté ce qui relevait du maquillage, du soin de soi, considérant que c’était quelque chose d’artificiel, voulant surement prouver aux autres que j’étais telle que j’étais et que je ne voulais pas changer pour eux. J’avais pour seul et fidèle ami un crayon khôl fatigué, pour les jours un peu spéciaux. Et puis un jour j’ai essayé, un pinceau puis deux. J’ai élargi ma collection peu à peu, découvert des techniques, des dessins. J’ai finalement apprivoisé mon corps grâce au makeup et au nail art, j’ai compris qu’être jolie n’était pas un privilège accordé aux filles plus minces, que se faire belle et prendre soin de soi étaient les premiers pas vers l’acceptation de soi. J’ai compris qu’être ronde n’était pas une fatalité, que c’était plutôt une chance, celle qui m’a forgé mon caractère. Et même si ces remparts de pierres m’ont protégés si longtemps des douleurs du passé, il est temps aujourd’hui que j’ouvre les portes, que j’ouvre les portes de ma personne aux gens qui m’entourent. Aux gens qui finalement, passé l’âge cruel de l’adolescence, n’ont rien de si dangereux. Et finalement, si le maquillage et le nail art sont considérés pour beaucoup comme quelque chose d’artificiel et de faux, je pense au contraire qu’ils m’ont permis de prouver qui j’étais vraiment. Et c’est pour ça que je tiens ce blog aujourd’hui. Parce que vous êtes belles. Tout comme moi. Et ça n’a rien de prétentieux.

« Je veux fêter ce renouveau avec toi main dans la main »

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